Notre éditorialiste Adrien vous raconte sa visite
Niché au creux de la vallée à Maisongoutte, l’établissement fait face à un point de vue unique sur le massif vosgien et la montagne du Climont, dont s’inspire fièrement le nom de la maison.
En arrivant, j’ai garé ma voiture sur la place “Banane au schnaps”, tandis que la voisine “Framboise Groseille” était déjà occupée. Si vous choisissez de faire une visite et dégustation de confitures du Climont, même les places de stationnement ont un petit nom qui vous donne un avant-goût de ce que vous allez savourer en visitant ce temple de la confiture.
Unique en France, ce musée vous plonge dans l’histoire et la fabrication de la confiture à travers une collection privée d’outils et de photos d’époque. L’immersion est totale grâce à des expositions pédagogiques et à la mise en scène du bureau de Nostradamus, où l’on peut même poser en costume d’époque.
L’art de mettre le fruit en valeur
En prolongeant la découverte, me voilà arrivé dans l’atelier de fabrication, accueilli par la délicieuse odeur de framboise qui s’échappe des chaudrons. On se sent comme plongé au cœur d’un bain de fruits chauds. Je vais donc assister à l’une des cuissons réalisées chaque jour sous les yeux des visiteurs. Aujourd’hui, au menu, dans le chaudron magique, framboise épépinée. Un « hit » de la maison qui se trouve être la plus prisée. Demain sera un autre fruit.
Le spectacle est accompagné d’un bon lot d’explications. Moi qui viens d’une famille pratiquante (je parle de la religion de la confiture), j’apprends encore des choses sur les teneurs en sucre, l’extraction du jus, etc. Il faut voir qu’on est ici dans le saint des saints. Au total, les Confitures du Climont proposent près de 40 variétés, des classiques mais aussi des créations qui ont fait date, comme le régal du Petit Prince en clin d’œil au personnage de Saint-Exupéry, un mélange de pomme, rose et de poudre de fruit de baobab !
Au terme de cette visite captivante, la curiosité laisse place au pur plaisir : le clou du spectacle nous attend sur un magnifique chariot de dégustation, véritable ode à la gourmandise. Face à cette ribambelle de pots, le cœur balance et les papilles s’affolent tant tout fait envie : succombera-t-on à la douceur de la mirabelle-cannelle, à l’originalité du melon-citron, au croquant de la quetsche aux noix ou à l’audace de la confiture “Mojito” au rhum et à la menthe ? Le choix s’annonce délicieusement difficile avant de remplir son panier. »
Une fois en bouche, c’est un festival de parfums, une explosion de saveurs. Impensable de manger cette douceur autrement qu’avec le bout de la cuillère. Rien à voir avec ce que nous proposent les marques industrielles. J’en viens même à me demander si je mange bien de la confiture ! J’ai dans ma bouche un véritable nectar de fruits, un caviar que seul le meilleur de la nature peut nous donner. Avec une petite intervention de l’homme, toutefois… Et j’en viens à m’inquiéter de ce que mes papilles endurent quand elles goûtent à autre chose !
Un peu de sucré salé ?
Les plus fins gourmets apprendront que certaines confitures se marient très bien avec des plats salés (la « mojito » par exemple peut se servir avec un poisson) ou un fromage : l’églantine irait très bien avec un chèvre chaud et la cerise au kirsch avec une tome ! Et pour les amateurs d’histoire, il est possible de découvrir la confiture de coing selon la recette de Nostradamus de… 1551 (!), réalisée suivant la recette consignée par le savant multi-tâches, à une époque où on ne disposait pour cela que du sucre de canne venu d’Amérique.
